L’hypnose est un état particulier de conscience connu et étudié depuis plusieurs siècles. À l’origine considéré comme un phénomène surnaturel, les travaux de nombreux médecins et chercheurs ont permis de comprendre qu’il s’agissait d’une capacité naturelle. Depuis, elle est utilisée en tant que thérapie pour aider ceux qui le souhaitent à franchir leurs obstacles intérieurs et à atteindre leurs objectifs. Découvrez avec nous les origines de l’hypnose.

La théorie du magnétisme animal

C’est au XVIIIème siècle que débute l’histoire de l hypnose, avec les travaux du médecin allemand Franz Anton Mesmer. En 1778, alors qu’il vit à Paris, il développe une théorie en postulant l’existence d’un fluide magnétique animal. Ce dernier aurait pour propriété de pouvoir circuler entre deux individus, en particulier entre le patient et le thérapeute. Son but était originellement de donner une explication rationnelle aux phénomènes de transes, alors jugés comme surnaturels. Il soignait ses patients en les faisant se tenir debout dans un baquet, puis en induisant une « crise magnétique » qui menait à la levée des blocages internes et à la guérison. Par la suite, le marquis de Puységur, élève de Mesmer, applique ses méthodes pour soigner son personnel. En 1784, alors qu’il tente de mettre en état de transe un jeune homme, ce dernier tombe profondément endormi, tout en continuant à manifester des signes d’activité mentale. À la suite de cet événement, le marquis commencera à travailler sur le somnambulisme provoqué. Il sera le premier à mettre en évidence l’importance de la communication entre le thérapeute et son sujet, posant ainsi les bases de la suggestion. Il s’éloigne sur ce point de Mesmer : il affirme que les malades se soignent par eux-mêmes, et que le magnétiseur n’est qu’un guide, un vecteur pour atteindre la guérison. Mais de nombreuses personnes émettent des doutes à propos du fluide magnétique. En 1784, l’abbé Faria, commissionné par Louis XVI, conteste son existence et déclare que ses prétendus effets sont dus à l’imagination. Il pense que l’état de transe provient non pas du thérapeute, mais du patient lui-même.

Les origines de l’hypnose scientifique

En 1843, le chirurgien anglais James Braid cherche à démystifier la pratique des magnétiseurs et à l’expliquer à l’aide d’outils scientifiques. Il rejette totalement l’existence du fluide animal, et utilise le terme « hypnotisme » pour qualifier les phénomène observés dans le magnétisme. Pour lui, il s’agit d’un état particulier, d’un « sommeil nerveux » qui peut être induit en fixant l’attention du sujet sur un point lumineux. Il est le premier à montrer que la capacité à hypnotiser quelqu’un ne relève pas d’un quelconque pouvoir, mais bien de connaissances scientifiques et de savoir-faire. Il utilise d’ailleurs cette méthode pour anesthésier ses patients avant une opération.

La polémique française de la fin du XIXème siècle

À partir de 1880, deux écoles s’affrontent. D’une part, l’École de la Salpêtrière, menée par le neurologue Jean-Martin Charcot. Pour lui, l’hypnose est le symptôme d’une pathologie, l’hystérie. Il l’utilise dans une approche expérimentale pour étudier les paralysies hystériques et les différencier de celles dues à des lésions organiques. D’autre part, l’École de Nancy, avec à sa tête le professeur Hippolyte Bernheim. Pour ce dernier, il s’agit d’un simple état de sommeil provoqué par des suggestions, et il pense pouvoir l’utiliser en thérapie. Plus tard, il remarquera que la suggestibilité fait aussi effet lors de l’état de veille, ce qui donnera naissance à la psychothérapie. En montrant que l’hypnose est un phénomène naturel et non une pathologie, l’École de Nancy l’emportera finalement sur celle de la Salpêtrière.

L’hypnose et la psychanalyse

En 1885, Sigmund Freud découvre l’état hypnotique auprès de Charcot. Impressionné, il l’utilisera lui-même avec ses patients et rencontrera aussi Bernheim en en 1889. Il s’en inspirera pour développer plusieurs concepts de la psychanalyse, notamment l’inconscient et la catharsis. Par la suite, il l’abandonnera progressivement, considérant qu’il s’agit d’une manipulation du patient qui ne peut donc plus participer librement à la thérapie.

L’hypnose moderne d’Erickson et ses origines

Au XXième siècle, le psychiatre américain Milton H. Erickson va révolutionner l’histoire de l hypnose. Il travaille à améliorer les techniques d’induction et met en évidence la nécessité de les personnaliser pour chaque patient. Pour lui, si certaines méthodes échouent, c’est parce que les suggestions employées sont trop autoritaires. Elles ne devraient pas être perçues comme des ordres par le patient, mais plutôt comme des propositions. Depuis, les connaissances ne cessent de se développer et de nouvelles thérapies voient le jour. Par exemple, on peut citer la Programmation neuro-linguistique, élaborée par Richard Bandler et John Grinder.

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