Hypnose de spectacle vs hypnose médicale, Introduction :

L’hypnose, cette étrange et troublante puissance, n’est pas une découverte moderne. Dans l’histoire, elle fut d’abord phénomène divin, surnaturel voire magique, puis ce comportement reçut ses premières interprétations par Franz-Anton Mesmer fin XVIIIe siècle.

Ce médecin prétendait que cet état, déclaré « crise magnétique » ou magnétisme animal, était dû à un fluide magnétique qui envahissait le corps et en transformait son comportement. Aussi, les magnétiseurs pouvaient agir sur les maladies, la douleur, la spiritualité, la possession : ils se déclaraient autant guérisseurs, thaumaturges qu’envoûteurs.

Terme plus moderne, plus scientifique, plus médical, aujourd’hui, nous parlons d’hypnose voire d’état modifié de conscience. Cela est d’autant plus pertinent que nous savons désormais, grâce à la physique quantique, que la conscience est une fonction majeure dans la perception de l’univers, voire même à son élaboration.

Quid de l’état modifié de conscience ?

Ce phénomène est difficilement circonscrit par les médecins. Quoique nous parlions d’état modifié de conscience, car la perception de l’environnement immédiat de l’individu soumis à cet effet s’avère modifiée, le périmètre physiologique du processus reste assez opaque pour les scientifiques. Même si nous avons constaté par IRM les changements de zone d’activité du cerveau au cours d’une séance d’hypnotisme, ce qui défend sa réalité, nous n’en comprenons pas totalement le mécanisme.

Quoi qu’il en soit, cette science de la suggestion connaît une forte progression dans le monde de la thérapie. Les thérapies brèves (PNLEMDRHTSMA, etc.) en font usage, le corps médical l’utilise pour pallier les anesthésies chimiques classiques, les psychologues, les psychiatres, et autres psychothérapeutes ne négligent plus cet outil thérapeutique naturel. Même si le spectacle en a fait un numéro extraordinaire de divertissement.

Pas d’amalgame entre hypnose médicale et hypnose de spectacle

La pratique de l’hypnotisme souffre d’amalgame voire de dichotomie. D’un côté, vous avez l’hypnothérapeute de l’autre l’hypnotiseur de spectacle, de divertissement. Et bien que les deux utilisent les mêmes processus de modification d’état de conscience, leur finalité comme leurs modalités sont antinomiques.

L’hypno-divertissement (hypnose de spectacle)

Tout le monde demeure très sensible à la suggestion, à l’auto-suggestion. De fait, notre conscience peut agir directement sur les perceptions que nous avons de notre environnement direct. Pour peu, qu’un professionnel du divertissement sache méthodiquement lui suggérer des images, des réalités endogènes, notre conscience consentira avec discipline à suivre l’animateur. Mais outre le consentement de circonstance, cela reste un exercice brutal pour « l’expérienceur ». Les suggestions, rapides, violentes et dominatrices, sont destinées à jeter promptement l’individu dans un état dirigé : la suite ne sert que le spectacle.

Lorsqu’un hypnotiseur utilise ces techniques sur des spectateurs perméables à la suggestion, il ne vise que le spectaculaire, qu’épater l’auditoire. Sa démarche ne prône en rien une quelconque utilisation bienfaisante de ce processus envers le cobaye. Que ferait-elle là d’ailleurs ?

Toutes les démonstrations, souvent grotesques, de suggestions de groupe sont là pour fasciner les curieux : que n’a-t-on pas vu de positions scabreuses obtenues par suggestion. Malheureusement et in fine, cela ne plaide pas en faveur de l’hypnothérapie ou encore de son utilisation en milieu hospitalier, si utile en succédané à l’anesthésie chimique.

Conséquence : le doute et la méfiance se diffusent dans les foules à la suite des numéros d’hypnotisation collective. Le quidam se sent vulnérable face à ce « redoutable » pouvoir.

L’hypnose médicale : un puissant pouvoir sur le corps

L’hypnothérapie ne cesse de se déployer en milieu médicalisé. Là où, les thérapeutes l’utilisaient avec parcimonie, notamment en psychiatrie ou en thérapie brève, désormais, c’est tout le corps médical qui s’ouvre à ces techniques.

Aucun spectacle, pas de légèreté, le sérieux d’application, la recherche, le développement, la protection de l’intégrité du patient contribuent à créditer l’état modifié de conscience comme un acte médical à part entière.

Le thérapeute accompagne le patient, collabore avec lui, le conduit en douceur vers l’état modifié. Il ne le percute pas de suggestions comme dans les shows, il suscite chez lui un état de bien-être par une imagerie bienfaisante. Ainsi, l’hypnothérapie devient une alternative au traitement chimique de la souffrance.

De nombreux services en font usage avec succès :

  • résorber les douleurs dentaires (stomatologie) ;
  • diminuer les souffrances de l’accouchement (obstétrique) ;
  • traiter les névroses et autres pathologies (psychiatrie) ;
  • modifier l’état de conscience opératoire (anesthésie) ;
  • traitement des migraines, peur, insomnie (neurologie) ;
  • aides comportementales diverses (psychothérapie), etc.

Sans compter sur les apports physiologiques (substances) que l’hypnothérapie prodigue à tout le corps. L’action circonscrite dans le cerveau grâce à l’IRM permet d’authentifier la sécrétion d’hormones bénéfiques dans cet état : la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline, etc., toutes ces substances régulatrices sont produites à cette occasion et prodiguent au sujet un ressenti de bien-être : chose inexistante chez le cobaye de l’hypnotiseur de gala.

En définitive

Il reste assez déplacé de comparer ces deux pratiques. En effet, l’une dévoie l’utilité de cette puissance, la ridiculise, en fait une attraction de foireune menace tandis que l’autre œuvre au bien-être, à la santé du patient par un processus naturel.

Évidemment que l’hypnose spectacle dessert l’hypnothérapie, mais cela n’est pas rédhibitoire. Cette capacité de notre conscience à se déplacer dans la perception du monde et de nous-mêmes n’est qu’aux prémices de ses utilisations.

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